Pole recherche I codex des grands concepts

Le concept de « Gestell » de Martin Heidegger désigne la manière dont la technique moderne révèle l’être, c’est-à-dire la manière dont elle cadre, organise, met en ordre la réalité pour la rendre exploitable. La Question de la technique (1954) : la technique moderne n’est pas un simple outil neutre, mais une manière d’« en-juger » le réel. Elle réduit l’être à une ressource exploitable (Gestell), entraînant une perte de sens. 

Hubris technologique : référence implicite à l’hybris grecque, désignant la démesure ; ici, la croyance que la technologie peut tout résoudre, y compris les crises qu’elle a elle-même engendrées. Dans la même optique, l’automatisme technicien de Jacques Ellul – La technique ou l’enjeu du siècle (1954), ce n’est pas parce qu’une technique est utile qu’on l’adopte, mais parce qu’elle est possible. Cette fuite en avant est une forme d’hubris : vouloir tout maîtriser par la technique, y compris les problèmes qu’elle a générés (pollution, guerre nucléaire, etc.). Ellul est sans doute l’un des auteurs les plus critiques envers l’illusion de toute-puissance technique. Il montre que la technique moderne ne se développe plus en fonction des besoins humains, mais selon sa propre logique autonome.Le scientisme : croyance selon laquelle seule la science permettrait d’accéder à la vérité, au détriment de la philosophie, de la politique ou de l’éthique. Sur ce sujet on peut citer Michel Foucault — Naissance de la clinique, Les mots et les choses, Surveiller et punir. Foucault ne critique pas directement le scientisme au sens classique, mais il en déconstruit les effets de pouvoir. Il montre comment les savoirs « scientifiques » (en médecine, psychiatrie, criminalité)